Moi, les militaires, par principe pacifique, c'était pas ma tasse de thé. Pourtant le commandant M. (paraît que c'est très haut dans les grades de l'armée) est aussi pompier bénévole, moniteur de plongée bénévole et lui et son épouse, qui sont nos voisins, font partie des personnes les plus généreuses que j'ai rencontrées!
Le commandant a sa caravelle tatouée sur l'épaule, faut dire qu'il est breton et a commencé sa carrière comme marin. C'est lors d'une escale dans le port de Papeete qu'il a rencontré sa femme, madame M., jeune fille de 17 ans, qui finissait sa scolarité à Papeete, elle même alors fille de militaire affecté en Polynésie française. Environ 30 ans après, ils sont revenus car il a reçu son affectation à Tahiti. Ils sont là depuis 4 ans et restent encore presque 2 ans.
Ils connaissent très bien la Polynésie et surtout, ils en sont amoureux!
Le we dernier, ils ont réalisé ensemble le fantasme culinaire le plus fou de Madame: un vrai maa'a tahiti dans le jardin, à la tahitienne, avec la tradition parfaitement respectée!
Une semaine de boulot au moins, avec sa fille, son fils, venus en vacances et la bande de copains tahitiens qu'ils se sont fait ces dernières années, surtout la cadette, qui a fait son lycée à Papeete (depuis, elle a été médaillée d'or des ouvriers de France en joaillerie, alors si vous cherchez des rabais place Vendôme, tenez moi au courant, elle risque fortement d'y être recrutée prochainement!)
Bon, j'ai planté le décor familial, mais penétrons de ce pas dans le décor tahitien qui nous a été offert ce dimanche midi là.
D'abord, il faut préciser que pour un vrai maa'a tahiti, les aliments sont cuits dans un four, dans la terre! avec des pierres de lave! qu'il faut avoir fait chauffer durant 6 heures! Ce qui supposait pour nos hôtes, outre le travail de creuser le trou, un lever matinal à 4 heures du mat le jour même pour allumer le feu et y préparer des cendres pour pouvoir y faire chauffer les pierres.
Ensuite, le four est fermé et la nourriture doit cuire 6 heures.
Je vous présente donc un four traditionnel tahitien, si, si:

Pendant ce temps, il fallait préparer les entrées, le poisson cru, à base de poisson cru comme son nom l'indique, de petits légumes et de noix de coco et le fafaru.
Qu'est-ce que le fafaru? Et ben en gros, le roquefort, les escargots ou les grenouilles pour les anglais, une blague à européens, mais un met délicieux pour les tahitiens.
Il s'agit de poisson et de crevettes frais et crus, coupés en fine tranche, et qu'on agrémente d'eau de mer dans laquelle a fermenté du poisson. Une odeur de putréfaction et de poisson pourri assez nette s'en dégage (ça sent un peu comme un port breton)
Pour la petite histoire, tous les invités ont été tenus d'y goûter... sauf moi, prétextant un fort dégoût... dû à ma grossesse et uniquement à elle biensûr!
Nous, pendant ce temps, tranquilles, on se faisait beau, à la tahitienne!
Alix se trouvait fort jolie avec son hibiscus dans les cheveux.


Moi, je nous trouvais pas mal non plus.




Bon, les deux dernières, on a eu du mal à tenir Alix qui en avait ras le bol de la séance photos...
Il y avait obligation de tenue tahitienne par nos hôtes, tout le monde était donc soit en robe soit en paréus.
Ici, les tané (hommes):

Là, les vahiné (ça veut dire "femmes" en fait):

Et puis les vahines avec le metua (chef), à savoir le commandant M.:

A l'heure de manger (15h00), les copains tahitiens ont procédé à l'ouverture du four.
Le four s'appelle ahima'a de feu (ahi) et ma'a (nourriture). La technique de cuisson du four tahitien permet de cuire de grosses quantités de nourriture à l'étouffée.
L'ensemble est recouvert de feuilles de bananiers et de parau, puis par une couche de coprah en jute, calés en bordure par de grosses pierres. Le tout est ensuite recouvert avec de la terre, ce qui permet la cuisson à l'étouffée.





Les plats ont été cuits à l'étouffée avec des feuilles de bananiers ce qui donne un bon petit goût!


Certains plats ont été cuits dans des paniers tressés à partir des feuilles de pandanus (pae'ore), selon la technique traditionnelle polynésienne du peu'e, qui permet d'effectuer toutes sortes de produits artisanaux tels que des chapeaux, des sacs, des tapis, des éventails etc...
Certains paniers sont également réalisés en niau, qui sont les palmes de cocotier.
Ce sont les jeunes filles, y-compris les popa'a (étrangères), à savoir la fille M. et ses copines venus de France, qui ont réalisé les tressages.
L'apprentissage de cette technique était obligatoire au lycée de Papeete!



Au menu, des poissons en papillottes du lagon, dont un énorme perroquet et un ume (poisson du lagon de la famille des chirurgiens), du poulet fafa (épinards polynésiens), du porc au lait de coco, et pour accompagner, outre du pain coco (pain à base de coco, mais pêché mignon!), des fei (bananes qui se consomment en légumes), du uru (fruit de l'arbre à pain), du taro (tubercule riche en calcium cultivéeet récoltée en Polynésie), du mape (fruit dont la forme arrondie et la chair sont semblables aux châtaignes continentales) et des umaras (patates douces).
Le dessert? Du poé bien sûr! Un banane et un goyave - ananas. C'est un dessert à base de fruits, d'amidon et de tubercule, qui cuit avec l'ensemble des plats dans le four.

Et on mange dans les noix de coco, à la main, à la tradi SVP!



Le repas et tout l'après-midi ont été bercés de ukulélé et de chants.
Ces gens là chantent tout le temps, je ne sais même pas comment ils ont réussi à manger en même temps!

En plus, Alix s'est faite dorlotée et fait faire son 1er "palnier" sur la tête... Qu'il faut maintenant que je lui fasse presque tous les jours et plusieurs fois par jour, ainsi qu'à moi-même.
Merci de l'idée!
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Elle est belle notre fille......
hein




















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