Salut c’est moi, votre rédactrice habituelle, de retour au bercail. Je suis d’ailleurs plutôt une demie rédactrice,
dans la mesure où je dois encore rester couchée 15 jours. En effet, et comme vous le savez, j’ai été hospitalisée 15 jours à 33 SA (semaines d’aménorrhées) pour MAP (menace d’accouchement
prématuré).
On a échappé au pire, à l'enfant handicapé et, au mieux, à des mois de galère à se rendre aux soins intensifs pour prématurés de l’hôpital de Mamao.
A ma sortie à 35 SA, grâce aux bons soins de sa maman au repos, Gudule pesait 2,2 kg, ses poumons étaient achevés (plus gros souci des prémas nés avant 35 SA) et s’il naissait maintenant, il
serait certes prématuré et plus fragile que d’autres bébés nés à terme, mais il n’aurait plus besoin de soins intensifs, serait placé avec moi à la maternité et reviendrait avec moi à la
maison.
Pour autant, il serait encore prématuré et donc fragile.
C’est pourquoi j’ai mission (et désir) de rester allongée jusqu’à 37 SA (8 mois révolus et quelques jours), qui est la date de la grossesse à laquelle l’enfant n’est plus considéré comme préma
mais comme né à terme.
Je suis suivie à domicile jusqu’à cette date par une sage femme qui me rend visite tous les 2 jours.
Mon calvaire prend fin le 21 novembre, date à laquelle je reprend une activité normale, les médecins préférant une maman qui n’a pas perdu tous ses muscles pour accoucher, à force d’être alitée
et qui s’est un peu remise dans le bain avant le rush de l’arrivée du bébé, plutôt qu’un bébé porté jusqu’à la fin du 9ème mois… à
l’aide de matelas!
S’il n’est pas exclu que j’aille à terme (enfin, jusqu’à la fin du 9ème mois), le plus probable est que j’accouche quelques jours après avoir adopté la station debout de manière plus
fréquente.
Il est également possible que Gudule arrive avant les 37 SA… Le pari n’est pas gagné…
Autre précision pour répondre à toutes les questions: la quantité de liquide amniotique est proportionnelle au poids et au bien être du bébé. Un gros bébé produira plus de liquide amniotique, un
petit, moins. Un bébé qui se sent bien, c’est-à-dire à qui le cordon ombilical et le placenta apportent ce qu’il faut, produit également plus de liquide. Ainsi donc, l’augmentation de la quantité
de liquide veut dire dans notre cas que le repos de la mère a fonctionné, que Gudule a bien profité des échanges avec sa maman et qu’il a grandi et grossi.
Maintenant, petit retour sur la menace d’accouchement.
Elle a eu lieu, fort heureusement, au moment où Christophe et moi nous étions rejoints à l’hôpital, le lendemain d’un WE à Moorea, pour la 3ème écho. Les contractions ont débutées
pendant l’écho! Un coup de bol, car le temps a été un élément essentiel pour endiguer l’accouchement qui menaçait!
Le sage femme (ben oui, un homme, comment on dit ?) et Christophe plaisantaient, l’un main dans la poche et l’autre sur l’échographe, détendus, sur les testicules de mon Gudule. J’ai demandé
qu’ils cessent leurs congratulations viriles pour qu’on me montre plutôt le profil de mon fils, quand le sourire du sage femme s’est effacé d’un coup. Il s’est mis à chercher
frénétiquement, à m’appuyer sur le ventre et à se relever sans cesse pour lire mon dossier, nous expliquant qu’il ne voyait pas la tête de Gudule. Nous, on n’a pas compris tout de suite et on a
pris ça pour un aveu d’incompétence. Puis me posant la main sur le ventre, il m’a demandé si je sentais les contractions. Je sentais bien quelque chose, mais je n’avais pas pris ça pour des
contractions. On n’y croyait si peu avec Christophe qu’on se regardait, en se disant qu’on était tombé sur le nul de service. Finalement, il m’a examiné et annoncé que le col était entrain de se
raccourcir et de s’ouvrir.
C'est à ce moment là que je me suis comme réveillée de ma torpeur tranquille. J’ai enfin compris que le travail avait commencé! La flippe!
A partir de là, une lutte contre le temps s'est engageé entre l'équipe médicale et les contractions. J’ai été placée dans une pièce isolée sous monitoring, piquée de partout, cathéter pour une
éventuelle perfusion, prise de sang et j’en passe. J’ai ingurgité du médoc antispasmodique (contre les contractions) à tout va et j’ai reçu une piqûre de cortisone dans le
derrière, qui est très douloureuse et paralyse la jambe quelques minutes (provoque aussi une plaque rouge sur les joues le lendemain) tant le produit est fort, visant à tenter
un mûrissement accéléré des poumons du fœtus.
Pendant ce temps, l'autre équipe gagnait du terrain, les contractions s’étaient rapprochées et étaient devenues extrêmement douloureuses. Le monitoring ressemblaient à des montagnes russes car il
y en avait une toute les 4 minutes et qui durait plus d’une minute.
Finalement, en fin d’aprem, les contractions, bien que toujours présentes, ne s’étaient pas plus rapprochées. Le chef du service d’obstétrique (par ailleurs seul légiste du
territoire......c gai!), tel un roi suivi de sa cour a fait son entrée entre 2 contractions et s'est installé dans le cercle de son staff qui encombrait toute la chambre. Il m’a annoncé comme une
sentence que j’étais hospitalisée jusqu’à nouvel ordre. Sans un sourire et sur un ton d’éducateur qui réprimande, il m’a précisé qu’un fœtus était mûr à 37 SA et non 33, pendant que je l’écoutais
péniblement en haletant, et qu’il fallait que je réussisse à tenir au moins 48 heures sans accoucher, pour pouvoir m’injecter la 2ème dose de cortisone et que les poumons soient
matures pour éviter le pire.
Si on parvenait à arrêter complètement les contractions, je devais rester 15 jours à 3 semaines à l’hôpital avec obligation de repos absolu.
En début de soirée, les contractions ont disparu comme par enchantement et elles ne sont pas réapparues.
Ensuite, j’ai dormi presque 7 jours non stop, avant d’être placée dans une chambre double où j’ai dû reperdre le bénéfice de ce repos au contact de mes voisines tahitiennes, dont l’une surtout,
en post-terme (c’est-à-dire à plus de 9 mois de grossesse) rentrait bourrée comme un coin à minuit et me réveillait pour me demander où était la télécommande, téléphonait à son tané en parlant
fort, télé allumée jusqu’à pas d’heures et me posait des tas de questions toute la journée (et surtout aux heures de sieste) parce qu’elle avait envie de discuter en m’appelant
« copiiiine »… Je dois préciser qu’elle n’était pas méchante pour 2 sous et que c’est classique des habitudes tahitiennes… mais très agaçant pour une popa'a qui a pour mission de se
reposer….
A 35 SA, sans plus une contraction depuis 15 jours et Gudule qui a bien grandi, a un rythme cardiaque parfait et du liquide en grande quantité, les médecins ont jugé que je n’avais plus de raison
d’être hospitalisée.
Aussi me voilà aujourd’hui, alitée chez moi sans pouvoir même prendre ma fille dans les bras pour l’embrasser - pauvre minette- mais vaillante couveuse! J’ai passé le cap si essentiel des
35 SA et je fais tout pour garder encore Gudule jusqu’à 37.
Il est préférable de rester couchée sur le côté, car cela provoque moins de contractions que sur le dos, aussi, c’est avec courage (essayez donc de vous servir d’un clavier couché sur le flanc)
que je vous prépare, à venir, un article sur le dernier WE de folie à Moorea, spécial déclenchement d’accouchement, pour ceux que ça intéresse!
Joyeux anniversaire ma chérie! Tu as été courageuse, ta maman ayant disparu d'un coup un après midi, après t'avoir dit qu'elle allait faire une course et ce, pour 15 jours!
Heureusement que tes grands parents étaient là et qu'ils t'ont emmené voir maman tous les jours!
Quelques photos de l'après midi des 2 ans d'Alix... à l'hôpital (l'appareil photo du papi est resté réglé sur la date française, soit 11 heures de plus à l'heure d'hiver. Alix est née le 1er
novembre):






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